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Nettoyer un site WordPress piraté, vraiment

La plupart des nettoyages échouent pour la même raison : ils traitent ce qui se voit. Voici l'ordre des opérations qui fonctionne, et les pièges qui expliquent pourquoi un site revient infecté deux semaines plus tard.

Ce service s'adresse aux sites professionnels. Si c'est votre compte Instagram, Snapchat, Facebook ou votre boîte mail personnelle qui a été piraté, je ne peux pas vous aider : le bon interlocuteur est cybermalveillance.gouv.fr, le service public gratuit.

Un nettoyage réussi se juge à un seul critère : le site est-il encore propre trois semaines plus tard. C'est un critère exigeant, et c'est celui qui sépare le retrait de fichiers du vrai travail.

L'ordre compte, et il est contre-intuitif

1. Inventorier avant de toucher à quoi que ce soit

La première commande d'une intervention ne doit rien modifier. Tout déplacement, toute correction de droits, toute suppression réécrit la date de changement des fichiers et détruit la seule chronologie fiable dont vous disposez. On inventorie d'abord, on nettoie ensuite.

Et surtout : ne vous fiez pas à la date de modification affichée. Les kits actuels la falsifient. C'est l'écart entre la date de modification et la date de changement d'inode qui trahit un fichier déposé, parce que le noyau écrit la seconde et qu'aucune commande ne la réécrit.

2. Chercher la persistance avant les symptômes

La question utile n'est pas « où est le code malveillant », c'est « comment revient-il ». Sur une intervention récente, la vraie porte n'était même pas dans le site : c'était un utilitaire réseau lancé depuis le fichier de démarrage du compte, avec des binaires cachés dans des dossiers de configuration et un nom de processus déguisé. Aucune suppression de fichier dans le site n'y aurait changé quoi que ce soit.

3. Vérifier l'intégrité du cœur

La vérification des empreintes du cœur WordPress est l'outil le plus rentable de la méthode : sur un cas récent, elle a révélé 7 434 fichiers étrangers d'un seul coup. Elle a cependant deux angles morts qu'il faut connaître : elle ne couvre ni le fichier de configuration, ni les thèmes et extensions, qui sont justement là où se cache l'essentiel.

4. Détecter par structure, pas par mot-clé

Chercher des mots comme « eval » ou « base64 » ne trouve pas un code fragmenté en dizaines de petits morceaux concaténés. Il faut détecter des caractéristiques : longueur des chaînes encodées, nombre de concaténations courtes, densité de séquences d'échappement. C'est ainsi qu'on trouve ce que les extensions ne voient pas.

5. Nettoyer la base

C'est l'étape la plus souvent oubliée, et celle qui explique la majorité des réinfections apparentes. Le contenu injecté vit souvent en base, dans les articles, les options, les widgets ou les métadonnées. Un nettoyage de fichiers laisse tout cela intact.

6. Vider tous les caches, puis vérifier

Un site continue de servir l'ancien contenu tant que le cache objet n'est pas vidé. Le nettoyage paraît avoir échoué alors qu'il a réussi. Je vérifie ensuite chaque page du plan de site, une par une, en code de réponse.

Les pièges qui coûtent cher

Ce qui reste après

Un nettoyage complet se termine par le renouvellement de tous les accès, la rotation des clés de session, la coupure de l'exécution de code dans les dossiers de téléversement, et un rapport écrit qui dit ce qui a été trouvé, où, et depuis quand. Ce rapport n'est pas un document de confort : c'est ce que réclamera votre hébergeur, et c'est ce qui vous permettra de savoir, dans six mois, si un nouvel incident est une rechute ou une nouvelle affaire.

Vous préférez déléguer ?

Cette page décrit exactement ce que je fais. Si vous voulez le faire vous-même, elle devrait vous servir. Si vous préférez que je m'en charge, décrivez-moi la situation.

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